Directeur Général des Vignerons Indépendants de France (VIF), Jean-Jacques Jarjanette représente 7 000 petites entreprises et une «part de marché» de près de 50 % du marché hexagonal.

Nous l’avons rencontré à la veille de sa rencontre au Ministère de l’Agriculture pour le développement de la HVE, un label qui progresse et pourrait fort bien se révéler comme une alternative ou un complément au «bio».

Les VIF restent encore peu connus du consommateur ?

Nous sommes pourtant présents sur tout le territoire et représentons des artisans du vin en comparaison d’une certaine standardisation.
Nous sommes opposés à la «massification» et rencontrons le gouvernement et les parlementaires pour exposer cette vision du vignoble et de l’agriculture que nous pensons être le sens de l’histoire.
L’attente est grande en France et dans d’autres pays de redonner un sens à sa consommation.
Nous représentons l’avenir.

Quel positionnement par rapport au bio ?

À l’intérieur de notre mouvement, nous avons 27 % des exploitations en bio. Dans le monde agricole il y a 853 démarches dont seulement 10 % sont valorisées en bio. Cela veut dire que 90 % des efforts ne peuvent être valorisés.
C’est le Grenelle de l’Environnement qui en créant la HVE a lancé le mouvement avec l’appui des ONG comme France Nature Environnement.
Il apparaît évident que l’on ne dépassera pas 15 % des exploitations agricoles en bio et, dès lors, le problème est ce qui va se passer à côté du bio.

Et la HVE peut y répondre ?

Nous espérons atteindre à terme 30 à 40 % des exploitations avec un impact majeur sur l’environnement car cela représenterait 50 % des surfaces agricoles.
Si nous arrivons à enclencher cela au niveau de la commune, du canton ou du département vous voyez l’effet d’entraînement.
En bio, vous avez une obligation de moyens en HVE vous avez une obligation de résultats sous organisme certificateur.

En mesurant les impacts ?

C’est nécessaire de mesurer les efforts accomplis :
1 – Maîtrise de la biodiversité et réinstauration de la flore et de la faune avec des couloirs écologiques.
2 – Maîtrise des intrants en n’établissant pas de différences entre les molécules mais en les comptabilisant. Diminution également des engrais.
3 – Maîtrise de l’eau.

Et le Ministère adhère ?

Deux lois viennent d’être promulguées dont la loi Egalim avec la volonté d’avoir 50 % des produits dans les cantines sous signe bio ou HVE.
Également, le plan biodiversité a comme ambition d’avoir 50 000 exploitations en HVE à l’horizon 2030.
La demande du consommateur ne se dément pas et ne plus être sous signe de certification devient difficile.
Nous avons d’ailleurs créé une association avec le soutien Brune Poirson pour le développement de la HVE en arboricultyure (Pommes, poires, pêches, abricots), maraîchage et fruits à coques. En attendant d’autres filières…
Nous avons également le soutien des ONG.