Selon Vitisphère et Marion Ivaldi (1er janvier 2020), l’on doit à l’intervention de Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne et co-président du Comité Champagne, à l’issue de son déjeuner du 14 novembre 2019 avec le Président de la République, l’abandon du « dry january », initiative visant à inciter les français à la sobriété pendant un mois.
Cette rencontre et ce fait de gloire ont été suivis d’une année 2020 particulière, reléguant au rang d’anecdote cette triste idée.
Mais, un redoutable virus, apparemment transmissible, celui de la suffisance et de la phrase assassine, a sans doute transformé le représentant syndical au point, dans la presse locale, de qualifier de « club » ses opposants, déjà expulsés des locaux de l’institution Syndicat Général des Vignerons pour contestation.
La Champagne, comme d’autres vignobles, se trouve confrontée à une chute de ses ventes et la décision de baisser le nombre de kilos de raisins autorisés à l’appellation était la réponse globale sur une somme d’intérêts particuliers et divergents.
Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si l’on diminuait le chiffre d’affaires des grands crus classés de Bordeaux par solidarité avec les vignerons bordelais ne trouvant pas de débouchés pour leur vin.
Cet autre grand vignoble avait été frappé il y deux décennies par ce mal profond de la suffisance. Bordeaux avait cédé aux lois du marché, toujours affirmées souvent démenties, aux arguments chiffrés des coopérateurs.
Le bilan est éclairé par un article du Magazine Capital :https://www.capital.fr/conso/trop-chers-pas-assez-bio-les-vins-de-bordeaux-boivent-la-tasse-1387782.
À Bordeaux également, les opposants sont écartés, raillés et s’en remettent à des plumes incisives pour porter la contestation d’un système totalement verrouillé par les représentants des coopératives, redoutablement dangereux, car n’engageant pas leur propre argent contrairement au négoce ou aux propriétaires indépendants.
En fin de cycle du produit, on s’en remet à l’état, donc au contribuable, pour éponger les errements.
La coopération peut écrire de belles histoires, construire de belles gammes comme à Mailly Grand cru, De Saint-Gall à Avize avec, notamment, la Cuvé Orpale, liste non exhaustive.
Elle peut également se placer sous la dépendance du « un homme, une voix », naviguer au gré des luttes intestines, bomber le torse devant les adhérents et se placer piteusement sous la coupe des grands donneurs d’ordre.
En Champagne, la nouvelle ambition de la coopération est le rachat des marques en déclin pour augmenter ses débouchés en volume.
Les grandes marques en progression en valeur sont celles des vignerons ayant, de longue date, mis en oeuvre des pratiques culturales respectueuses de l’environnement, donné de l’ambition à leur produit. C’est un virage que nombre de petites structures n’ont pas pu ou voulu prendre.
Souhaitons à la Champagne de trouver en son sein la voie du compromis face à la concurrence des effervescents et, gérer, calmement, en interne, son évolution pour l’intérêt de toute la filière régionale, sans faire intervenir le contribuable, autrement qu’en « consommateur averti » pour lever sa coupe en ayant le respect pour la typicité proposée.
En janvier, en février, en mars, etc… pour toutes les belles occasions à accompagner de ce symbole du luxe.
N° 43 – Marc Miannay, le 07 décembre 2020