C’est une constante dans les dégustations, de nombreuses personnes, simples consommateurs, avouent préférer le vin blanc ou rosé, affirmant souvent une difficulté sur le rouge avec une région souffrant d’un véritable rejet : Bordeaux.

Toutes ces notions se retrouvent dans les chiffres en Grande Distribution avec une progression des couleurs les plus pâles et un déclin des rouges.

Pour Bordeaux, les chiffres des Foires aux vins 2018 sont éloquents avec une perte de 6,7 millions de bouteilles soit un recul de 19%.

Dans un récent constat dans Vitisphère, Claude Gaudin, président de L’Organisme de Défense et de Gestion des AOC Médoc, évoque, enfin, « le style des vins où le boisage a pu être trop marqué »… La situation économique est en effet préoccupante économiquement avec des prix du Médoc à 2 249 € le tonneau de 1 000 litres.

La région Bordeaux porte dans ses décisions d’autorisation d’additifs, en sus des pesticides, et, bien sûr, des fameux copeaux, son « Bordeaux Bashing ».

Il y a quelques années nous nous en étions ouverts auprès de Jean-Luc Dairien alors Président de l’INAO qui avait défendu avec beaucoup de courage et peu de conviction cette formidable « modernité » et l’adaptation du « vénérable Institut ».

L’Interprofession bordelaise a longtemps considéré le Bordeaux Bashing comme découlant des reportages sévères de Que Choisir ou Élise Lucet. Las, même le marché chinois, un rayon d’action peu couvert par ces deux médias, est en recul de 30 % en volume et 22 % en valeur pour l’année 2018.

Le goût du copeau ne convainc pas et lasse le consommateur. Dans mes sélections, je retiens des vins élevés en cuve inox, rapidement mis en marché sur un bon domaine ou des cuvées ambitieuses où la conduite du vignoble et la mise en avant du terroir donnent des raisins « aptes au passage en bois » comme se plaisait à l’évoquer le regretté Denis Mortet.

Les AOC doivent s’interroger sur la présence dans leur Cahier des Charges de telles pratiques, qui, elles le reconnaissent, nuisent à la réputation de la région.