Avec un 16/20 sur son Réserve Brut Grand cru Blanc de Blancs, le domaine Guy Charlemagne avait dominé le test de novembre 1997, une époque où les beaux flacons se situaient sous la barre des 100 francs (82 € pour être exact).
Une visite au domaine s’imposait d’autant que le vigneron arbore fièrement le pavillon «HVE niveau 3». L’occasion de mesurer l’impact économique de la Revue également sur l’économie du domaine «lauréat».
À la clé, une enrichissante dégustation de vins clairs.

Quelques souvenirs de 1997?

Je me rappelle encore dans le détail de l’annonce du résultat appris au téléphone par Erick De Sousa, le second du test, à neuf heures du matin «Tu es sorti dans Que Choisir». Je partais livrer en Belgique et je n’ai pas pu m’y rendre car ce fut l’enchainement de la presse dont France-Infos-Champagne puis le national.
Nous avons du expédier en quelques jours des centaines de commandes, au total 80 000 bouteilles !!!
Nous avions mobilisé ma soeur, ma mère, les copains et nous travaillions jusqu’à deux heures du matin.
Le transporteur Walbaum venait deux fois par jour !!!
Je suis heureux que mon père ait pu connaître cette reconnaissance de son vivant.

Le domaine a du évoluer ?

Nous disposons de quinze hectares composés principalement de vignes situées dans la Côtes des Blancs, crus du Mesnil-sur-Oger et d’Oger. La partie complémentaire est constituée par les vignobles de Sézanne, Glannes, Mancy et Cuis. Nos raisins sont donc essentiellement de cépage Chardonnay à 87 % et le complément de cépage Pinot Noir. Sur le Sézannais et le Vitryat, ce sont des terroirs destinés au Brut Classic qui n’est pas revendiqué en grand cru. Ce sont de superbes terroirs pourtant que nous avons avec Pierre Peters, ma mère étant une fille Peters.
Nous disposons d’un nouveau coteau à Glannes dans le Vitryat sur de superbes sols calcaires, planté entre 1993 et 1994.
En Société de Récoltant alors que vous êtes dans l’esprit un Récoltant-Manipulant…
Nous avons effectué la séparation des vignes dans la famille mais nous les rassemblons sous une seule marque.
Je n’achète pas de raisins mais par contre je cède quelques lots au négoce ce qui arrange la trésorerie d’autant que chez les vignerons le Brut Sans Année est dédaigné par la clientèle au profit des parcellaires.

Vous arborez le certificat HVE niveau 3…

J’ai un profond respect pour les bios «purs» à l’image de leur responsable Pascal Doquet. Après vous ne pouvez éviter d’entraîner des opportunités.
Je crois en la viticulture durable en Champagne et nous effectuons 95 % du cahier des charges bios en allant plus loin sur les analyses de sols, trois par an sur le domaine.
Les investissements sont également conséquents avec 200 000 € sur cinq ans dont un tracteur à 100 00 € et deux jeux de charrue à 30 000 €.
La certification de 500 € dans ce budget est anecdotique.
Nous réensemencons nos sols depuis trente ans et la vie microbienne est présente ainsi que les vers de terre.

Une démarche encore minoritaire en Champagne ?

Seules 400 exploitations sur 15 000 sont engagées dans la démarche mais toutes les grandes maisons s’impliquent ce qui amène à un tiers de la surface engagée dans le processus.
Croyez-moi les audits sont sérieux.
Les objectifs élevés également, on vient de nous baisser les Indices de fréquence de traitement (IFT). C’est un peu chronophage en administratif mais l’enjeu dépasse cette contrainte.

Quelques élevages dont ces oeufs ?

C’est la troisième vinification dans ces grès émaillés dans deux contenants de 500 litres et un de 1 000 litres.
Le résultat est très très bon.

Et ce parcellaire la Cuvée Charlemange «Les Coulmets» ?

C’est une vigne plantée entre 1952 et 1955, une très belle parcelle que nous conduisons en deux modes de taille «Cordon» et «Chablis».
Seulement 8 000 bouteilles.
Nous sommes sur le millésime 2013.