David Girard a fait son apprentissage de vigneron auprès de Didier Prieur, père de Luc, au Domaine Paul Prieur. Il a enrichi sa conception et ses pratiques viticoles, d’un solide bon sens paysan. Courageux, pragmatique, respectueux de sa clientèle, il fait partie de ces vignerons émergents se positionnant pour cette cuvée dans le rapport qualité-prix sur un secteur où le prix des vins a fortement évolué.

David gère également en parallèle le Domaine des Chasseignes a Sury en Vaux avec sa compagne Aurore Dezat ou ils exploitent 9.5 hectares en conversion biologique.

Il dispose de 3 hectares de Monts-Damnés, parcelles parmi les plus réputées de Chavignol, terroir âgé d’environ 145 millions d’années, nées du jurassique et du kimméridgien.  D’un point de vue géologique, les «Monts-Damnés», comme l’antique «Clos de Beaujeu», ou la «Côte d’Amigny», offrent le même sol de marnes kimméridgiennes appelées «Terres Blanches». Seule diffère l’exposition car la côte des Monts Damnés est orientée plein sud, ce qui accentue la pénibilité du travail sur ces pentes ensoleillées dont la déclivité peut dépasser les 40%. En y regardant attentivement certains secteurs de ce cru s’avèrent particulièrement favorisés.

David et Anthony se désengagent progressivement du négoce, acquièrent des volumes supplémentaires et positionnent leurs vinifications et élevages avec très peu d’apport en barrique pour cette cuvée (10% seulement). De simples cuves en résine sont utilisées pour privilégier les arômes de ce terroir. La montée en gamme de leurs vins se fait avec la Cuvée Florilège Des Monts Damnés, issue de leurs propres vieilles vignes, de leur sélection Massale et des plus belles pentes du Domaine.

Le contexte en Sancerrois

Les vignerons de Sancerre ont profondément modifié leur conception de l’expression du terroir pour leurs blancs et, plus récemment, les rouges.

De longue date, les Vacheron, Pinard, Crochet, ont façonné ce vignoble si particulier dans une certaine indépendance par rapport à l’INAO. Le vignoble possède son propre laboratoire d’analyse très efficace et, de fait, il est très rare de rencontrer des vins déviants sur cette appellation.

Au début des années 1990, Alphonse Mellot, le plus gros négociant du lieu, a abandonné ce métier pour se recentrer sur son vignoble de La Moussière et ses propres vignes qu’il a converties à la biodynamie. Après des périodes délicates, notamment avec les banques, le positionnement de ses cuvées en haut de gamme, a ouvert des perspectives aux vignerons du cru pour positionner également leurs grandes cuvées.

Le millésime 2018 à Sancerre

Le sauvignon est récolté à partir du 10 septembre, ce qu’annonçait une floraison début juin, avec un temps ensoleillé plus vu depuis 2003. C’est un millésime considéré comme solaire.

Pour les Monts Damnés, le millésime est très bien équilibré du aux réserves en eau de l’hiver et du printemps. Des degrés encore raisonnables pour le réchauffement climatique. Et l’avantage de ce terroir est de garder toujours, même sur les millésimes chauds, le côté minéral en bouche qui donne sa longueur au vin.

La dégustation des Monts Damnés 2018

Robe : nette, précise, brillante.

Nez : pur, floral aux arômes d’une grande finesse et légèrement exotiques (preuve de la bonne maturité des raisins).

Bouche : nette, fraîche, élégante et saline sur la fin (minéralité des Monts Damnés).

Accord mets et vins : ce vin accompagnera vos fruits de mer, homards, araignées de mer. Les poissons nobles ou de modestes maquereaux en filets marinés offriront un accord singulier.